Questions

3 questions à Brigitte Labbé, auteure de la collection Les Goûters philo

8 janvier 2019

3 questions à Brigitte Labbé, auteure de la collection Les Goûters philo

Quand et comment a commencé l’aventure des « Goûters philo » ?

Joli mot, l’« aventure » ! Elle a commencé il y a 17 ans, en l’an 2000, et, vous avez raison, c’était une aventure, au sens où, à l’époque, pas grand monde n’imaginait des livres de philosophie pour enfants. Et je peux vous dire que Milan fut le seul éditeur à y croire. J’avais découvert la philosophie lors d’une année sabbatique passée à la Sorbonne, à 37 ans. Ce fut un choc, un bouleversement, un émerveillement ; des fenêtres se sont ouvertes dans ma vie… J’ai voulu partager cette découverte du questionnement philosophique avec les enfants, eux qui sont dans un âge philosophique. Michel Puech, maître de conférences à la Sorbonne, un formidable pédagogue, a bien voulu se lancer dans l’aventure avec moi, l’idée étant de fournir des boîtes à outils pour contribuer à la formation de l’esprit critique dès le plus jeune âge. Nous avons écrit 25 titres ensemble, et Pierre-François Dupont-Beurier, professeur agrégé de philosophie, a magnifiquement pris le relais.

Racontez-nous le processus d’écriture d’un titre de la collection.

L’idée est de parler directement à l’intelligence de l’enfant et de lui transmettre, sur un thème donné, les idées philosophiques majeures qui permettent de penser ce thème. Nous partons donc du contenu philosophique et tentons de l’amener à la portée des enfants, en utilisant un vocabulaire adapté et des histoires qui les intéressent, dans lesquelles ils se reconnaissent. C’est un travail minutieux, de mot à mot, pour qu’à chaque instant l’enfant soit happé, et jamais découragé ou ennuyé !

En quoi vos interventions dans les classes enrichissent-elles l’écriture de vos livres ?

J’anime des débats philosophiques en classe, dans les bibliothèques, les centres sociaux, uniquement sur des thèmes sur lesquels j’ai déjà écrit. Animer des débats est une autre manière de transmettre le goût de manier les idées, le plaisir de se questionner, de dégager des problématiques, d’argumenter, de faire « rouler » les questions pour dégager des pistes de réponse.

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